Volkswagen compte engager le virage électrique sur les chapeaux de roue

Volkswagen

La marque allemande a présenté sa toute première voiture électrique au dernier salon de Francfort. Il s’agit de la petite citadine ID.3. Loin d’être un simple modèle parmi d’autres, celle-ci symbolise l’engagement de Volkswagen dans la voie de l’électrique, dans un contexte marqué par l’accélération des normes en matière de CO2.

Un début prometteur avec l’ID.3

Cette petite citadine marque « le début d’une offensive électrique » selon Herbert Diess, le PDG de Volkswagen. Il s’agit du premier modèle 100 % électrique de la marque. Il sera commercialisé en Allemagne à partir de 2020. Avec 30 000 précommandes reçues pour la première édition limitée, l’ID.3 semble bénéficier d’un bon départ. Reste à savoir s’il deviendra aussi iconique que le Golf ou la Coccinelle.

L’ID.3 a d’ailleurs la même taille que le Golf, mais avec un design plus arrondi. Selon le modèle, elle présente une autonomie allant de 330 à 550 km. Elle compte déjà plusieurs concurrents sur le marché, notamment la Renault Zoé et la nouvelle Opel Corsa électrique. Proposée à moins de 30 000€, elle se veut accessible, avec l’objectif de « transformer l’électrique en un modèle dominant ». Pour l’instant, il s’agit d’un marché de niche qui inquiète les constructeurs. Et pour cause : les Européens restent pour l’instant très moyennement intéressés par l’électrique. Pourtant, avec l’avancée de la législation, les marques sont obligées de s’adapter.

Rattraper le retard technologique et devenir le leader européen de l’électrique

Avec le lancement de l’ID.3, Volkswagen entame un grand virage. Herbert Diess a déjà annoncé un plan de 30 milliards d’euros pour développer des modèles électrifiés.

En mai, le groupe allemand a lancé un investissement d’un milliard d’euros qui servira à mettre en place un site de production de cellules de batterie en Basse-Saxe. Cette initiative aidera Volkswagen à être moins dépendant des fournisseurs asiatiques. Le ministre de la région estime qu’il est possible de fabriquer en Allemagne des batteries avec un coût qui restera compétitif.

Jusqu’en 2028, la marque allemande compte proposer une offre de 70 modèles. Cette série de nouveaux véhicules électriques a été donc inaugurée par l’ID.3, qui est censée « combler le retard technologique de Volkswagen dans l’électrique », selon le directeur de la marque, Ralf Brandstätter. Elle est également la première à être construite sur la plateforme MEB. Cette technologie a beaucoup coûté à Volkswagen, qui compte partager son amortissement avec d’autres constructeurs. Ford a déjà accepté de collaborer, et les deux marques prévoient justement de lancer ensemble une voiture électrique et autonome pour le futur. En tout cas, avec le nombre de modèles prévu, Volkswagen compte devenir le leader de l’électrique en Europe.

Des normes particulièrement contraignantes

Avec une moyenne imposée de 95 g/km à partir de 2021, les constructeurs sont obligés de passer à l’électrique. Ils risquent de lourdes amendes en cas de non-respect de cette réglementation. Pour l’instant, selon les estimations issues d’une étude publiée cet été par AlixPartners, Volkswagen n’est pas en mesure de s’aligner à cette nouvelle norme. Selon cette étude basée sur les ventes réalisées en 2017, la moyenne de la marque allemande restera autour de 102 g/km, ce qui lui vaudra une amende de 1,8 milliard d’euros par an.

Pour éviter de payer cette facture particulièrement élevée, Volkswagen s’est fixé comme objectif de vendre un million de voitures électriques (sans émission de C02) d’ici 2025. Au total, les dirigeants espèrent écouler 15 millions d’unités construites grâce à la plateforme MEB. Même si ces objectifs semblent ambitieux, le constructeur de Wolfsburg compte les atteindre et ainsi se placer en tête de la production et de la vente d’électriques pour la prochaine décennie.